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Département PBH

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CONTEXTE  :

L’inflation à partir de 2022 a atteint un niveau inconnu depuis des décennies. Elle est la conséquence d’une crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine. En France, les plus fragiles, celles et ceux que la crise sanitaire avait déjà frappé·e·s de plein fouet, celles et ceux qui ont dû vivre les longues périodes de confinement dans des logements exigus ou de faible qualité, doivent maintenant réagir à l’envolée des prix (+10 % sur l’alimentation entre septembre 2021 et 2022).

Les plus pauvres jusqu’aux classes moyennes inférieures, c’est-à-dire tous ceux et toutes celles qui n’ont pas d’épargne dans laquelle puiser pour faire face, souffrent et voient leur vie basculer rapidement. L’essentiel de leur budget est absorbé par les dépenses primaires : se nourrir, se chauffer, se loger, se soigner et se déplacer.

Parmi ces dépenses contraintes et essentielles, le logement tient bien sûr une place prépondérante. D’autant qu’ils et elles sont aussi les moins bien logé·e·s, et forment le premier rang des habitant·e·s des 5,2 millions de logements sans isolation (passoires-thermiques), dont le chauffage représentait une gageure, désormais plus ou moins intenable. 


Dans ce contexte, les jeunes adultes issu·e·s de ces familles et catégories sociales et en âge d’engager une décohabitation n’ont que très peu de chances d’y parvenir : la crise du logement fait la course en tête de la crise économique générale et sociale.


Force est de constater que les responsables politiques actuels ne sont pas à la hauteur. Toutes les associations du secteur l’affirment : 

“l’écart a rarement semblé aussi grand entre d’un côté l’état du mal-logement, sa permanence, comme ses manifestations aggravées (augmentation du nombre de personnes sans domicile, hausse des coûts, nombre de logements énergivores…), et d’un autre côté, l’insuffisance des réponses publiques pour rendre le logement abordable tant dans le parc existant dont l’ouverture aux plus modestes se restreint, que dans la construction neuve, qui reste dérisoire au regard de l’ampleur et des caractéristiques de la demande.”


La situation actuelle aurait dû conduire à renforcer le rôle salvateur du logement, pas seulement pour les précaires mais aussi pour tous les ménages modestes. Au lieu de cela, les politiques publiques ont affaibli leur protection et les aides.


Comment prendre l’initiative, inventer soi-même, prendre les choses en main et dépasser l’impéritie politique ?


+ quelques chiffres et constats : 
(Source : Fondation Abbé Pierre, L’état du mal-logement en France, 2023)

  • 40 000 personnes sont sans abri ;
  • 300 000 personnes sont sans domicile ;
  • 590 000 personnes hébergées chez des tiers en 2013 ;
  • 440 000 perseonnes hébergées de façon contraintes chez un tiers ;
  • 841 000 personnes de 25 à 35 ans ne parviennent pas à décohabiter et vivent au domicile de leur famille d'origine ;
    • 7,25 millions de personne âgées de 18 ans et plus (soit14 % des adultes) habitent chez autrui.


Note sur la décohabitation des jeunes adultes
Quitter sa famille d’origine et accéder à l’autonomie résidentielle est une phase décisive dans la transition vers l’âge adulte. Elle représente une rupture forte dans le parcours des jeunes. En France, l’âge moyen de décohabitation se situe autour de 23 ans.
Lorsque la décohabitation s’opère dans un contexte personnel, social et économique précaire doublé parfois de relations conflictuelles avec la famille, elle peut conduire à des situations d’errance, d’effort financier excessif ou de mauvaises conditions d’habitat. Sachant qu’à situation économique et sociale équivalente, une jeune femme sera relativement plus exposée aux risques de harcèlement ou d’exploitation sexuelle pour trouver un logement qu’un jeune homme.

Maquette de logement jeune à l'échelle 1 - Atelier LFKs

PROBLÉMATIQUES :

  • quels sens donner à l’habitat ? quelles fonctions supplémentaires à celle primitive de l’abri ?

  • comment habiter une ville au-delà d’un seul espace à soi qui s’y trouve ?

  • quelles sont les conséquences d’un recul de l’hospitalité ? quelles seraient celles d’un retour à une grande tradition d’hospitalité ? sur la forme du logement ? sur son lien avec son environnement ?

  • droit au logement et droit à la ville ;

  • habiter la mobilité ;

  • habitat participatif, habitat transitoire, les nouvelles formes.

OBJECTIFS :

  • savoir réaliser une enquête, recueillir des données et les interpréter.

  • se pencher sur les différentes dimensions de l’habiter, de l’architecture, des enjeux des ressources matérielles et naturelles. la sociologie du logement social sera aussi abordée ;

  • concevoir et réaliser la maquette à échelle 1 d’un habitat jeune et ce faisant, objectiver le sujet logement ;

  • se donner plus d’autonomie par rapport à la résolution des problèmes très critiques identifiés en premier lieu
     

LFKs - festival d'Aix - Reconstitution de l'appartement des parnets de Ya'Seen - 2012