Compendium
Sociologie
Histoire des questions sociales
DANIEL ZAMORA - Être pauvre, est-ce manquer d'argent ?
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Être pauvre, est-ce manquer d'argent ?
En France, une personne est considérée comme pauvre si ses revenus sont inférieurs à 1 063 euros par mois. Mais est-ce vraiment une définition satisfaisante ? La question a toute son importance, puisque la manière dont on définit un problème va déterminer le genre de politiques que l’on mettra en face pour le résoudre.
Sociologue à l’Université Libre de Bruxelles, Daniel Zamora montre que cette approche en termes de revenu est récente. Elle date du tournant néolibéral des années 80 et elle est allée de pair, aussi bien en Europe qu’aux Etats Unis, avec une nouvelle conception des politiques sociales : on a cessé d’étendre les services publics pour tous et on a commencé à verser de l’argent aux plus pauvres.
Vaut-il mieux avoir des services publics ou du cash ? Des droits sociaux ou du pouvoir d’achat ? Être pauvre est-ce vraiment manquer d’argent ?
Avec aussi DANIEL HIRSCHMAN, sociologue à Brown University
Références :
Karl Marx, "Les manuscrits de 1857-1858", appelés couramment Grundrisse
Karl Polanyi, "La grande transformation", 1944
Milton Friedman, "Capitalisme et liberté", Alisio, 1962
Thomas Piketty, "Le capital au XXIe siècle", Le Seuil, 2013
Daniel Hirschman, "Rediscovering the 1%: Knowledge Infrastructures and the Stylized Facts of Inequality", American Journal of Sociology, novembre 2021

Daniel Zamora est un sociologue belge, chercheur à l’Université libre de Bruxelles. Ses travaux portent sur l’histoire de la question sociale, l’État social, les inégalités et le néolibéralisme. Il s’est fait connaître par ses recherches critiques sur le rapport de Michel Foucault au néolibéralisme, notamment avec Foucault and Neoliberalism et Le dernier homme et la fin de la révolution, coécrit avec Mitchell Dean. Son travail interroge les déplacements de la gauche contemporaine, lorsqu’elle abandonne la question de l’exploitation au profit de notions plus compatibles avec l’ordre libéral : exclusion, vulnérabilité, reconnaissance, autonomie.