VSFWNR #7 - Un autre monde
dialogues recyclés : "The Red Line", T. Malick, 1998 - musique recyclée : Taps in "From Here to Eternity", 1953 & François de Roubaix "Le Samouraï", 1967 – 05'30"
Chapelle et cimetière Sainte Marie à Buoux
DISTRIBUTION
Étienne SIVADIER
Dolène DANIEL
Rayane TOURKI
Félix TRUZE
Kenji PAISLEY-HORTENSIA

 

Le VSFWNR #7 - Un autre monde a été tourné le 19 septembre 2019 en fin de journée. Dans le cimetière de Buoux et à l’intérieur de la chapelle Sainte-Marie, une ancienne église que le cimetière enclot. Au dernier carrefour du chemin de l’oratoire, un peu après le quartier Loube et déjà en pleine nature. Là, Étienne et Dolène, Kenji, Rayane et Félix ont attendu l’équipe de tournage pendant plusieurs heures. Aux Taillades, le matin, à la pointe ouest du massif du Luberon, la construction d’un plan pour un autre film s’est révélée compliquée et tout a débordé ; une partie de l’après-midi est partie dans ce contretemps et la jonction à Buoux pour un changement d’acteurs ne s’est faite qu’à 17:00.

Les séquences extérieures, dans le cimetière, ont été enregistrées les premières et finalement le corps du film, à l’intérieur de la chapelle. Le cimetière et la chapelle de Buoux sont ensemble le Prieuré de la Vieille-Église, l’un des plus anciens sites catholiques du Luberon. VIIe siècle. Buoux en a vu d’autres ! Son site est habité depuis -130 000 ans. Il ne compte aujourd’hui que 64 habitants. Les premiers sûrement n’étaient pas plus nombreux, mais ils étaient d’une autre espèce humaine : Néandertal. Ils occupaient une baume en contrebas.

Une chance que la journée fût belle – une fin d’été comme on les aime, doucement nostalgique, chaque heure comme une perle ; les premières, roses, vertes les suivantes, puis blanches, les dernières très orangées et presque toutes traversées par le vent, devenu presque constant, toujours chaud, mais sans plus être sec. Longtemps, la lumière est restée suffisante. Et c’était bien la condition. Impossible pour l’équipe de tourner sitôt arrivée. Il fallait découvrir ensemble les dialogues, répartir les rôles, mémoriser le texte pour les uns, pour les autres étudier les lieux et estimer leur évolution visuelle d’ici le coucher du soleil, imaginer plans et mouvements en conséquence, préparer les techniques appropriées. Mais le plus coûteux en temps n’était pas ça. Le temps, c’est ce dont une caméra se nourrit. Rien ne sert d’avoir pris son temps autour d’elle, s’il n’en reste pas assez pour se perdre en elle.

Parce que c’est cela que filme une caméra : du temps. Et surtout, oui, surtout du temps perdu ; perdu entre les silences et les phrases, perdu dans les yeux, entre les visages, perdu sur le corps des acteurs et autour. 

Parce que c’est cela le cinéma : une perte de temps filmée, la mémoire d’un temps perdu, qui revient.

Ah, fait remarquable : pour la première fois ce jour-là, tous les étudiants de SdS qui tournèrent avaient déjà tourné au moins une fois dans les jours précédents. Ce fut alors pour eux le jour 1 d’une identité nouvelle, venue s’ajouter à celles que chacun et chacune avait déjà ; une identité d’acteur et d’actrice expérimenté.e.
En tenant leur rôle devant la caméra, tous se sont appuyés sur une connaissance pratique personnelle et collective préalable.

Cela nous rapprocha davantage ; du commun était créé entre les étudiants, entre les professionnels et les étudiants. Si ténu qu’il fût encore, nous avions désormais un patrimoine en partage : une certaine approche de la création et des savoir-faire ensemble.
 

 

Remerciements
Mairie de Buoux
Parc naturel régional du Luberon
Département du Vaucluse
Château de l’Environnement à Buoux (Vacances Léo Lagrange)
Éric Garnier

 

GALERIE
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