VSFWNR #4 - Un truc que j'ai fait
dialogues recyclés : "Days of Heaven", T. Malick, 1978 – musique recyclée : Ray Charles, "Over The Rainbow", 1963 - 01’35”
Route de la Forêt de cèdres, Bonnieux
DISTRIBUTION
Nadjib BELKACEMI
Maly BOUROUROU
Christophe LEROY
Vanessa MELLUL
Emmanuel RAYNAUD

 

 

 

Le VSFWNR #4 - Un truc que j’ai fait a été tourné tôt le matin du 16 septembre 2019, jour de grand beau temps. Nous étions sur la route menant à la forêt de cèdres algériens située dans la partie occidentale du massif du Petit Luberon. Quelques kilomètres au-dessus de Bonnieux, à environ 700 m d’altitude, la lumière est devenue très belle, épaisse, presque palpable. Elle baignait loin la vallée en contrebas dans ce calme laiteux par lequel les jours caniculaires se promettent à une violence verticale. Nous avons stoppé notre convoi sur l’un des rares accotements d’une route qui autrement montait comme une lame, dans un paysage à deux versants. Il était 7:10 quand nous nous sommes installés sur la pente Sud, celle la moins abrupte. 

C’était pour tout le monde le premier jour de tournage, cartes et disques encore vierges, et nous nous étions arrêtés pour commencer au hasard, sur un lieu non repéré à l’avance, guidés par la splendeur enluminée du paysage, nous n’avions aucun plan précis, n’était-ce le plaisir d’y passer un moment.

Les cinq étudiants à s’être portés volontaires dès notre arrivée dans la région la veille, Malika, Vanessa, Christophe, Emmanuel et Nadjib, dormaient dans les camions. Nous ne connaissions pas encore leurs prénoms, encore moins les surnoms, qui seraient bientôt familiers ; Maly, Nathy, Chris, Cookie… Pour eux, la première soirée passée au château où nous logions tous s’était étirée loin dans la nuit. Une fois la régie installée, Franck les réveilla doucement pour un café-croissant. Puis nous avons découvert ensemble le fichier des dialogues.

Il contenait quelques répliques de Days of Heaven (1978), de Terrence Malick, traduites en français ; c’était un échange minuscule, entre deux personnages seulement, et nous l’avons réduit encore. Maly et Chris ont appris les lignes – le tour des autres, pour le texte, viendrait plus tard, un autre jour.
Il y était question de cigarette, Chris a préparé lui-même son “accessoire”. Maly et lui, aussi les autres, Cookie, Nadjib et Nathy, que l’on verra mieux dans d’autres films, se sont tout de suite révélés très bons ; concernés, concentrés, créatifs, intéressés par la caméra, disposés à son regard.

La forêt de cèdres du Luberon où nous allions figurant dans un nombre incalculable de guides sur le Net et en librairie, dans toutes les langues, malgré l’heure matinale, le trafic déjà était soutenu. Nous étions restés proches de la route, nous n’étions pas protégés, des voitures montaient continûment et même des cars, barrant nos arrières-plans sur deux étages.
Pour les prises de contrechamp, la beauté des visages filmés résistant au maniérisme, nous avons pu forcer contre-plongées et gros plans et éviter la perturbation visuelle d’une circulation que nous étions incapables de contenir.

Mais c’est par une série de plongées sur le corps et le masque d’endormissement de Maly que nous avons commencé ; Maly allongée dans la garrigue, à même le sol, comme une nouvelle figure rimbaldienne ; offerte à une caméra qui nous renseigna d’emblée et mieux que quiconque sur la puissance de personnalité, jamais démentie depuis, de cette jeune fille aujourd’hui tendue entre deux passions : les animaux et la photographie de l’underground.

 

 

Remerciements
Mairie de Bonnieux
Parc naturel régional du Luberon
Office National des Forêts (84)
Éric Garnier

 

 

GALERIE
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